Quelques clés de compréhension
La Santé
L’approche biodynamique de la santé est celle qui me paraît la plus cohérente et inspirante.
la santé y est comprise comme un état d’équilibre dynamique entre toutes les dimensions de l’être vivant.
c’est :
- l’harmonie entre le corps et l’esprit
- la capacité d’auto-régulation et d’auto-guérison de l’organisme
- un équilibre vivant entre les plans physique, émotionnel , l’énergie vitale et le spirituel
- une adaptation fluide aux rythmes naturels
La santé n’y est donc pas seulement l’absence de maladie, mais un processus actif, en mouvement, où la vie circule librement et où l’individu est en relation juste avec lui-même, les autres et son environnement.
Dans cette vision, la maladie n’est pas un ennemi, mais un signal de perte de cohérence
Les Émotions
Émotion vient du latin ex movere : mettre en mouvement.
Elles sont ce qui nous met en mouvement, qui nous fait bouger à l’intérieur, qui nous guide dans le monde.
C’est le coeur vivant de nôtre être.
Une émotion n’est pas seulement quelque chose que l’on “ressent”, mais une énergie qui pousse à agir, à fuir, à aimer, à créer, à se protéger….
Elles sont moins des obstacles que des messages qui nous informent sur nos élans, nos besoins, nos limites, nos blessures.
La thérapie est un espace sécurisant où elles peuvent émerger sans être jugées ni corrigées. L’exploration thérapeutique consiste à les accueillir avec curiosité et compassion, les ressentir dans le corps, et peu à peu en explorer les messages.
Plutôt que de les fuir ou de les contrôler, il s’agit d’entrer en relation avec elles.
Dans cette rencontre, les émotions peuvent se déployer, se transformer, et parfois s’apaiser d’elles-mêmes. Si elles sont entièrement accueillies et traversées dans l’instant, elles se transforment et se déchargent.
Elles deviennent alors des alliées précieuses, permettant d’accéder à une compréhension plus profonde de soi, et d’ouvrir la voie à des manières d’être plus alignées avec ce que l’on est profondément.
Les émotions sont donc des énergies en mouvement, agréables ou désagréables. Elles sont faites pour circuler, être traversées, se transformer.
Vivre ainsi nos émotions permet de contacter, de retrouver toute sa vitalité.
« L’émotion, c’est la vie qui revient à l’harmonie ».
Fuir ou étouffer une émotion, c’est comme laisser un bébé pleurer dans une pièce : son problème ne va pas s’arranger.
Accueillir une émotion, c’est ouvrir la porte et prendre le bébé dans ses bras. Lui témoigner toute son attention et sa compassion.
Le Système nerveux autonome
Le système nerveux autonome constitue une composante essentielle du fonctionnement humain, en assurant la régulation automatique de nombreuses fonctions vitales telles que la respiration, le rythme cardiaque ou encore la digestion. Il agit en permanence, en dehors du contrôle volontaire, afin de maintenir un équilibre interne indispensable à la survie et à l’adaptation à l’environnement. Traditionnellement, ce système est décrit comme organisé en deux grandes branches. Le système sympathique prépare l’organisme à l’action en augmentant le niveau d’activation physiologique, notamment dans des situations perçues comme stressantes ou menaçantes. À l’inverse, le système parasympathique favorise le repos, la récupération et les fonctions de régénération, permettant au corps de revenir à un état d’équilibre après une activation.
Cependant, cette vision binaire s’est enrichie grâce aux travaux du neuroscientifique Stephen Porges, qui a proposé la théorie polyvagale. Cette approche introduit une compréhension plus fine et nuancée du système nerveux autonome, en mettant en évidence l’existence de trois états physiologiques distincts, organisés selon une hiérarchie évolutive.
Dans ce modèle, l’état dit ventral vagal correspond à une situation de sécurité. Il permet l’engagement social, la communication, la curiosité et l’accès aux capacités cognitives supérieures. Lorsque cet état est actif, la personne se sent en sécurité et disponible pour la relation. Si l’environnement est perçu comme incertain ou menaçant, le système nerveux bascule vers un état sympathique caractérisé par une mobilisation énergétique. Cet état se manifeste par des réactions de lutte ou de fuite, associées à une augmentation de la vigilance, de la tension et de l’activité physiologique. Enfin, lorsque la menace est perçue comme extrême ou inévitable, un troisième état peut apparaître, appelé vagal dorsal. Il s’agit d’un état d’immobilisation pouvant aller jusqu’au figement, au retrait ou à une forme de dissociation, traduisant une stratégie de survie plus archaïque.
Un concept central de la théorie polyvagale est celui de neuroception. Il désigne la capacité du système nerveux à évaluer en permanence, de manière inconsciente, le niveau de sécurité ou de danger dans l’environnement. Cette détection ne passe pas par une analyse rationnelle mais par des mécanismes rapides et automatiques, qui influencent directement l’état physiologique et émotionnel de la personne. Ainsi, un individu peut réagir intensément à une situation sans en comprendre immédiatement la raison, car son système nerveux a déjà interprété cette situation comme menaçante.
Dans le champ thérapeutique, cette grille de lecture apporte un éclairage particulièrement précieux. Elle permet de comprendre les réactions des patients non pas comme des dysfonctionnements isolés, mais comme des réponses adaptatives du système nerveux. Les manifestations anxieuses peuvent être interprétées comme une activation sympathique persistante, tandis que certains états dépressifs ou dissociatifs peuvent être reliés à une dominance du système dorsal vagal. À l’inverse, les moments de sécurité et de connexion correspondent à l’activation du système ventral vagal.
L’objectif du travail thérapeutique, dans cette perspective, consiste à accompagner progressivement le patient vers un état de sécurité physiologique. Cela implique d’abord une dimension relationnelle essentielle, dans laquelle le thérapeute joue un rôle de co-régulation. Par sa présence, sa voix, son regard et son attitude, il contribue à créer un environnement perçu comme sécurisant par le système nerveux du patient. Cette sécurité relationnelle constitue souvent la base nécessaire à tout travail en profondeur.
Par ailleurs, les interventions thérapeutiques s’appuient largement sur le corps. Des pratiques telles que la respiration contrôlée, les exercices d’ancrage ou les mouvements doux permettent d’agir directement sur l’état du système nerveux. En développant également l’attention aux sensations internes, appelée intéroception, le patient apprend à reconnaître ses propres états physiologiques et à mieux comprendre ses réactions. Ce processus favorise une forme d’autorégulation progressive.
Le travail thérapeutique s’inscrit généralement dans une logique de progressivité. Il ne s’agit pas d’exposer brutalement la personne à des expériences difficiles, mais de procéder par étapes, en respectant la capacité du système nerveux à tolérer l’activation. Cette approche permet d’éviter les phénomènes de débordement et de renforcer progressivement la capacité de régulation.
Ainsi, la théorie polyvagale offre un cadre intégratif qui relie les dimensions biologiques, émotionnelles et relationnelles de l’expérience humaine. Elle propose une lecture cohérente des états internes et fournit des outils concrets pour accompagner les patients vers un mieux-être. En replaçant la notion de sécurité au cœur du processus thérapeutique, elle permet de comprendre que le changement ne repose pas uniquement sur la réflexion ou la volonté, mais également sur la transformation des états physiologiques profonds.
Le Psychotraumatisme
Le mot trauma vient du grec ancien où il signifie « blessure ».
psychotraumatisme = quand il y a blessure psychique
Il a lieu lorsque les capacités d’intégration d’un organisme sont dépassées, quand est franchi le point de rupture.
Le trauma crée des changements physiologiques dans le fonctionnement du cerveau et de tout le système nerveux :
il y a fixation dans une physiologie de survie, et réorganisation fondamentale du système nerveux central : les régions sous corticales deviennent dominantes et les fonctions exécutives du cortex préfrontal sont inhibées. Il y a donc perte du contact avec les processus rationnels et logiques, avec les sensations corporelles, et une hyperréactivité ou un figement émotionnel.
En cas de trauma, il y a dissociation corps-esprit, un « engourdissement intérieur », qui protège d’une activation trop forte.
C’est un processus de protection adaptatif et automatique du cerveau qui nous permet de surmonter des évènements trop intenses.
Cette déconnexion, si elle persiste, devient mal-adaptative :
Elle nous coupe en partie de nos émotions, de notre corps et de nos sensations. Il peut exister une difficulté à être dans le présent, un développement d’attitudes défensives / de mécanismes de défense, une perte de motivation.
On se coupe d’une partie de soi, de sa vitalité.
Le processus de guérison s’inscrit dans la restauration d’un fonctionnement physiologique harmonieux (notamment par un recalibrage des systèmes d’alerte défectueux), et une ré-association au corps, aux émotions, au présent.
Elle passe par une libération de l’énergie restée bloquée dans le système nerveux, qui correspond à l’achèvement du processus naturel qui n’a pas pu avoir lieu.
L’intéroception (capacité à percevoir et interpréter les signaux internes du corps) et la conscience de soi sont de très précieux outils d’évolution en ce sens.
Le retour à un état de santé dynamique de la relation corps esprit, et de chacun des deux, se concrétise par une vitalité retrouvée.
Le trauma est à la fois un obstacle qui crée une contraction, mais s’il est digéré/intégré, il représente une opportunité de croissance, de transformation authentique, de réalignement, d’expansion de soi.
Le Trauma du développement
Le trauma du développement ou traumatisme développemental désigne les conséquences psychologiques et biologiques d’expériences négatives chroniques vécues pendant l’enfance.
Le cerveau étant encore en développement, ces stress répétés peuvent modifier la construction du cerveau et du système nerveux.
L’architecture du système nerveux s’organise alors autour du trauma, créant une véritable « neurophysiologie de stress » qui peutaffecter le développement de l’enfant aux niveaux :
Physiologique : dérèglement du système de stress et du système nerveux autonome, hypersensibilité ou au contraire retrait face au stress.
Émotionnel : difficulté à gérer les émotions, anxiété, peur ou colère fréquente.
Relationnel : difficulté à faire confiance aux autres, attachement insécurisé.
Cognitif : problèmes d’attention ou de concentration, difficultés scolaires.
Les facteurs de risques les plus importants sont l’absence de sécurité ou de soins suffisamment stables, une négligence affective ou physique, les violences ou abus, l’exposition à des conflits familiaux.
L’environnement de l’enfant a une importance capitale pour son développement :
Un développement neurophysiologique sain a lieu dans 1 environnement sain.
Ainsi, le cerveau développe son potentiel seulement s’il est soumis à des stimulations et des interactions appropriées a une fréquence et d’une qualité adaptées.
Un nouveau né a notamment un besoin fondamental de donneurs de soins disponibles ( émotionnellement, mentalement, physiquement).
Aussi, la capacité de régulation émotionnelle des parents se transmet à leurs enfants:
Le système nerveux des nouveaux nés étant immature, il ne peuvent pas se réguler seuls.
Ils ont besoin de la corégulation avec leurs donneurs de soin. C’est par ce biais qu’ils apprennent eux même à se réguler. La capacité de régulation émotionnelle des parents est donc déterminante pour celle de leurs enfants.
Si l’enfant développe un attachement insécure, certains chemins neuronaux ne se développent pas car son organisme est en situation de stress et donc pas entièrement disponible à la découverte, l’exploration, au développement de ses capacités.
Importance majeure de la conception jusqu’à 3 ans :
c’est la période durant laquelle l’Humain se développe le plus rapidement et le moment où l’architecture neurophysiologique se construit.
En résumé:
Le trauma du développement est un ensemble de perturbations du développement liées à des traumatismes chroniques dans l’enfance, qui peuvent affecter les émotions, les relations, la cognition et la régulation du stress. Il influence la construction du système neurophysiologique de l’enfant et a donc des conséquences psychologiques et biologiques (pour l’enfance et les autres stades de la vie).
Les approches humanistes
Les approches humanistes sont un courant de la psychologie et de la relation d’aide qui place la personne au centre du processus thérapeutique, en reconnaissant sa tendance naturelle de croissance, d’autonomie et d’autoréalisation.
En voici les principes fondamentaux :
Une Vision positive de l’être humain : la personne possède en elle les ressources nécessaires à son développement.
Une Tendance actualisante (Carl Rogers) : capacité naturelle à évoluer vers plus de cohérence et d’épanouissement.
Une Relation thérapeutique authentique : importance de la qualité d’être et de présence du praticien.
L’ Empathie, la congruence, et le regard positif inconditionnel du thérapeute.
La responsabilisation et l’autonomie du client dans son vécu, dans ses objectifs et dans son évolution.
Dans la pratique, cela signifie que le professionnel :
- favorise un espace sécurisant, non jugeant,
- n’impose pas d’interprétation,
- ne se positionne pas comme « expert de la vie » du client,
- accompagne l’exploration du vécu émotionnel et expérientiel.
Le praticien aide et guide son consultant à trouver ses propres solutions, à trouver ses propres moyens de créer sa vie, il ne va pas dire comment faire.
L’objectif n’est pas seulement la disparition d’un symptôme, mais un processus de croissance personnelle, de clarification intérieure et d’alignement.
L’ Addiction
L’addiction se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives.
La notion de conduite addictive comprend à la fois les addictions aux substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illicites) mais également les addictions comportementales, sans substances psychoactives (le jeu, par exemple).
L’addiction ne peut être comprise comme un simple problème de comportement ou de volonté, mais comme une tentative d’adaptation à une souffrance intérieure.
La question centrale n’est pas « pourquoi l’addiction ? » mais « pourquoi la douleur ? », car les conduites addictives visent avant tout à soulager un état interne difficile, qu’il s’agisse d’anxiété, de vide, de honte ou de traumatismes souvent anciens.
L’objet de l’addiction importe moins que la fonction qu’il remplit : apporter un apaisement temporaire, une sensation de contrôle ou une forme de réconfort.
Le traitement consiste à comprendre et traiter les causes profondes qui l’ont rendu nécessaire, et pas uniquement à supprimer le comportement addictif. Cela implique une démarche thérapeutique centrée sur la compassion, la sécurité relationnelle et la reconnexion à soi, permettant progressivement à la personne de développer d’autres moyens de régulation émotionnelle et de retrouver un sentiment d’intégrité intérieure.
Contact
Mathieu Germain
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